Montréal à Moi : Le Plateau 

10/04/2012

Pour inaugurer ma série de notes nommée       " Montréal à moi ", je tiens à commencer par le plateau Mont-Royal, décor mi-urbain, mi- campagne, dans ma nouvelle vie citoyenne en Amérique du Nord, un district chargé d'histoires et aujourd'hui encore en pleine mutation.

Quelle meilleure façon de découvrir une ville que celle de flâner, la tête en l'air, les pieds sur terre, emprunter ses ruelles étroites, guidé par un chat errant, intrigué par l'odeur d'une arrière cuisine, ébahi par la grande fresque d'un artiste urbain, tout ouïe sur la gamme d'un Do majeur s'échappant d'une chambre de nonne, un sous-marin en main.
C'est en Août 2009, lors de mon premier voyage pour le Québec, que je découvris le plateau Mont-Royal, son grand ciel bleu argent, ses parcs aux écureuils gris, ses du ou triplex et ses escaliers extérieures en fer forgé. Je ne nierai pas avoir été influencé dans mon choix par le guide touristique qui m'orienta comme une évidence vers ce quartier au charme unique au monde et si cher à Michel Tremblay.  Cinq mois plus tard, contrat de travail en poche, je ne chercherai pas ailleurs pour semer mon bonheur présent, m'enraciner durablement à l'Est de la plus vivante des métropoles canadiennes. Je compris très vite, comme de nombreux expatriés, que cet arrondissement m'aiderait à m'intégrer chez nos cousins nord américains. Assumant le qualificatif de " Bobo " , qui me colle à la peau depuis la célèbre chanson de Renaud, je suis fidèlement abonné aux commerçants de mon quartier et aux services de proximité, sans oublier leur légendaire amabilité. Certes il existe des impacts douloureux à la transformation du plateau, encouragée par la politique volontariste de Luc Ferrandez, maire districal qui ne voit pas seulement l'arrondissement le plus convoité comme un centre d'achats ( laissons cela à ses adversaires qui envient le centre ville et ses grandes artères ) mais plutôt comme un espace à vivre inter-générationnel, multi-culturel, axé sur les loisirs, le bien-être et la créativité, en adéquation avec les aspirations profondes de ses résidents et de ses nombreux visiteurs épicuriens. Augmenter le prix des parcmètres décourage bien entendu les automobilistes ( que je ne suis plus ) mais ravi les cyclistes ( que je ne suis pas  encore ) et financeront les grands projets environnementaux et socio-culturels devenus prioritaires.

Si j'aime à ce point le plateau Mont-Royal, c'est qu'il représente pour moi la synthèse de tout ce que j'ai aimé, partiellement, au cours des étapes de ma Vie. Je pourrai évoquer l'âme des Abesses sur la butte de Montmartre, l'air pur du parc de la tête d'or à Lyon, le goût des produits du terroir dans le beaujolais, la folie de mes soirées passées avec mes mes amis ch'tis ou encore la créativité singulière des artistes belges. Tous ces souvenirs, qui ont fait ma vie plus belle, sont des petits bonheurs passés et que je retrouve " icitte ".  Respirer le vent léger sous les arbres du parc La Fontaine, écouter un poète accompagné d'un trio de free jazz au " Quai des Brumes " , acheter ma baguette rustique " aux copains d'abord ", choisir une bavette de boeuf marinée à " La Maison du Rôti ", choisir entre un filet ou une queue de saumon à " La Dorade Rose " , marinée par Gislaine, ma voisine poissonnière, retrouver des amis musiciens ou poètes au " Verre Bouteille ", choisir mes vitamines à la fruiterie du coin et mes produits d'entretiens à la pharmacie Jean Coutu, lécher les vitrines de la rue Saint-Denis, les bonnes adresses ne manquent pas. Pour juger par vous mêmes, quoi de mieux que d'aller visiter leur site.
Et si le coeur vous en dit, venez découvrir par vous même le plateau. Le gîte " Le Piano Blanc " de notre amie Céline vous garantira un accueil et un hébergement au charme rare.

Loïc Lévéder