La mémoire n'en fait qu'à sa tête - Bernard Pivot de l'académie Goncourt

01/08/2017

"On s'arrête tout à coup de lire. Sans pour autant lever les yeux. Ils restent sur le livre et remontent les lignes, reprenant une phrase, un paragraphe, une page. Ces mots, ces simples mots, ne nous évoquent-ils pas notre enfance, un livre, une querelle, des vacances, un voyage, la mort, des plaisirs soudain revenus sur nos lèvres ou courant sur la peau... Décidément la mémoire n'en fait qu'à sa tête. Imprévisible et capricieuse, elle aime bien déclencher sur moi des ricochets semblables à ceux obtenus par ces petites pierres plates que je faisais rebondir sur la surface étale des étangs et des rivières de mes jeunes années. C'est sans doute pourquoi elle interrompt aussi mes lectures pour des bagatelles, des sottises, des frivolités, des riens qui sont de nos vies des signes de ponctuation et d'adieu. " B .P. 

L'auteur

Nationalité : France
Né(e) à : Lyon , le 5/05/1935
Biographie :
Bernard Pivot, né le 5 mai 1935 à Lyon, est journaliste et critique littéraire français, animateur d'émissions culturelles à la télévision.
Il naît le 5 mai 1935 à Lyon, de parents épiciers. Durant la Seconde Guerre mondiale, son père est fait prisonnier, et sa mère se replie dans la maison familiale, à Quincié-en-Beaujolais, où Bernard Pivot va à l'école. En 1945, Charles Pivot revient et la famille retourne à Lyon. À 10 ans, Bernard est placé en pension religieuse. Il s'y découvre une passion pour le sport. Lycéen puis étudiant en droit à Lyon, le jeune Bernard Pivot s'inscrit ensuite à Paris au Centre de formation des journalistes (CFJ). Il y rencontre sa future épouse, Monique, et en sort vice-major de sa promotion.
Après un stage au Progrès, à Lyon, il se forme au journalisme économique pendant un an, puis intègre le Figaro littéraire en 1958.
En 1970, il anime une chronique quotidienne à la radio mi-sérieuse mi-comique. En 1971, le Figaro littéraire disparaît et Bernard Pivot devient chef de service au Figaro. Il démissionne en 1974 après un désaccord avec Jean d'Ormesson. Jean-Louis Servan-Schreiber lui propose alors un projet de magazine qui débouche, un an plus tard, sur la création du magazine Lire.
Entre-temps, il anime, à partir d'avril 1973, Ouvrez les Guillemets, sur la première chaîne. En 1974, l'ORTF éclate et Bernard Pivot lance l'émission Apostrophes, dont le premier numéro est diffusé sur « Antenne 2 » le 10 janvier 1975. Cette émission s'arrête en 1990, et Bernard Pivot crée Bouillon de culture, qui cherche à s'intéresser à un horizon plus large que les seuls livres (mélange de littérature, de cinéma et d'art). La dernière émission, en juin 2001, est un événement dans le monde de l'édition et des médias.
Depuis janvier 2002 jusqu'en décembre 2005, Bernard Pivot part à la rencontre des étrangers qui ont choisi d'ajouter la culture et la langue françaises à leur culture originelle. Il s'agit de portraits d'hommes et de femmes qui cultivent leur « double je ». Cette émission, intitulée Double je, est diffusée une fois par mois sur France 2 le dimanche soir.
Le 5 octobre 2004, il est élu à l'Académie Goncourt. Il est le premier non-écrivain à y être élu. Son importance dans le monde de la critique littéraire explique cette exception.