Mon 57 ème printemps
loïc leveder | Samedi 17 Avril 2010

Un trimestre s'est écoulé depuis mon arrivée au Québec, le dimanche 3 janvier 2010. L'hiver m'a accueilli avec bienveillance et passé le relais avec une infinie tendresse à son bourgeonnant voisin calendaire. Des quatre saisons qui inspirèrent avec génie Vivaldi, j'entame mon 57 ème printemps avec philosophie.

La croix du Mont Royal à Montréal
Bien que né par une belle nuit de Noël, il y avait une couche de libre à l'hôpital de Nouméa pour ma Maman, qui avait aimé très fort mon papa, qui lui, n'était pas de bois, ni charpentier d'ailleurs. Et puis , autant qu'il m'en souvienne, pas de manteau blanc, de boeuf ni d'Ane soufflant dans ma nuque. Je ne l'aurais pas supporté. Quoique, parfois, je me demande si ... non, je le sais depuis le temps, et bien que vous aimant tous, les uns, les autres, multipliant les pintes et tentant d'aimer l'eau, en vain, je ne suis pas le fils de Dieu, mais bien celui de mon père, qui m'a fait à son image, y'a pas photo. Evidemment je ne lui arrive pas à la cheville de ses qualités humaines, mais il me pardonne toujours, puisque je ne sais pas ce que je fais. Je ne suis hélas pas Jésus de Nazareth mais ce qui est sûr en revanche, c'est que je suis né sous une bonne étoile. Et m'emmèneriez vous au Parc Balmont si je vous confiais qu'elle a même pris forme humaine, le 27 avril 1956, pour ensoleiller le grand été de ma Vie? Elle enfanta mon fils et ma fille, qui elle même me fit grand-père en 2005, à la naissance de mon divin Ylan. Et voilà qu'à l'automne de mon existence, jouissant de mon 57 ème printemps, ma première petite fille s'impatiente déjà dans la navette maternelle, dont l'atterrissage est prévue en fin d'été. J'aurais décidemment connu tous les bonheurs sur cette bonne vieille terre, et ce, bien avant ma retraite hivernale. En attendant l'heureux événement familial, mes parents entament leur 60 ème année de mariage, se réjouissant de ce nouveau cadeau du ciel, celui de bientôt connaître leur première arrière petite fille. Elle lira un jour le fabuleux destin de Gabrielle Justin, son arrière grand mère, dictant actuellement ses mémoires dans un dictaphone numérique. Que c'est beau, c'est beau la technologie aurait pu aussi chanter le poète moustachu, récemment disparu. Que c'est beau, c'est beau la vie, comment pourrais-je l'oublier. Etre né sous une bonne étoile et la voir encore briller tous les soirs en s'endormant; Se lever tous les matins et déjeuner en paix avec son âme, les yeux brouillés mais le coeur sans matière grasse; Prendre le bus 700 qui longe le Saint-Laurent et se préparer à l'exercice de ses fonctions; Rendre service, coûte que coûte, pour gagner sa croûte; Apprendre à connaître ses nouvelles connaissances en cultivant le nouveau jardin de la différence; Respirer l'ère du temps qui passe, au rythme des saisons qui colorient mon quartier Cartier, comme je peins ma vie, à fleur de toile, à fleur de peau, tel le faisait Eugène Fromentin, magnant la plume et le pinceau.


NOUVEAUX:
Un fichier audio sera désormais attaché à chaque note, destiné aux non ou mal voyants Un lien wikipédia permet de développer la légende de la photo ci contre

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