Il y a dix mois, j'avais écris cette note, heureux d'avoir vu la veille Alain Bashung sur la scène du Cirque royal de Bruxelles. Pour clôturer son concert, cet immense artiste avait eu la bonne idée de nous offrir une reprise des Moddy Blues, " Night in white Satin ". Une nuit qui ressemble à cette soirée du 14 février 2009 où il nous a quitté, après avoir gagner la plus belle victoire, celle de l'Amour de ses fans, pour toujours.


Une nuit de satin blanc
L'homme sort lentement de l'ombre, tout de noir vêtu, fidèle à son image. Nous sommes le mardi 22 mai 2008 et je sais par avance que je vais passer une bonne soirée. Je ne sais pas encore qu'elle sera magique.
Le visage, la nuque, il a un peu changé depuis la dédicace qu'il m'avait accordé en coulisse d'un plateau TV à la plaine Saint Denis. L'eau de la Seine a coulé sous les ponts de nos vies. Face à son public au rendez-vous, il prend sa guitare acoustique, ajuste son micro. Les gestes sont précis. La voix est intacte, nulle autre pareille et chaleureuse. Il entame son concert avec le premier titre de son album " bleu pétrole " , son dernier album. Celui que j'écoute en boucle depuis quelques semaines dans ma voiture pour aller et rentrer du bureau. Un de ces albums qui vous font les matins et les soirs plus lumineux. Les faisceaux bleus balayent le plancher de la scène et plongent la salle dans une obscurité opportune. Le silence de la fosse se brise par quelques toussotements gênés de fans respectueux. Du balcon où j'ai trouvé place, j'ai la vue plongeante sur l'artiste, ses musiciens et ses techniciens en backstage. Les chansons se suivent et ne se ressemblent pas. La voix est fidèle, les accords parfaits. Le résident, résident de la république voisine est visiblement content d'être avec nous. L'ambiance est la hauteur de son exigence artistique et notre attente. Les applaudissement sont nourris, les entre-morceaux respectés. Je jette un oeil autour de moi. Personne ne semble être venu par hasard. Chacun d'entre nous sait pourquoi il vit cet instant. Nous savons bien qu'il sera trop court. Les instants de bonheur sont éphémères et nos rappels insistants pour qu'il nous en donne encore un peu n'y pourront rien changer. Il invite sa femme a leur rejoindre pour l'accompagner, celle la même que nous avons huer d'impatience lors de la première partie. " On t'aime Alain " crient les plus impudiques et il plane alors une émotion palpable au coeur du cirque royal de Bruxelles. Cette communion de famille a mis trop longtemps à venir, ici comme ailleurs. L'idole, dont l'entreprise n'a jamais connue la crise, si ce n'est celle du doute permanent et rassurant, va s'en aller à pas feutrés, comme il était venu, mais non s'en nous offrir une magistrale reprise de "Night in white satin" des Moddy Blues "une chanson que j’aurais vraiment aimé écrire" nous confie-t-il en guise d'au revoir . Le temps est venu de reprendre nos routes respectives, guidés par les étoiles d'un de ces concerts qui vous rendent le ciel plus étoilé, la nuit plus blanche, le petit matin plus riche. Demain c'est juré, j'irais à l'essentiel. A bientôt et chapeau bas, Monsieur Bashung.
Rédigé par loïc leveder le Samedi 14 Mars 2009 à 20:15 | Commentaires {0}

Loic Leveder


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