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Ce samedi soir, 12 avril, au cirque royal de Bruxelles, calqué, le saviez vous, sur celui de Paris , par l'architecte Wilhelm Kuhn en 1877, on a fait comme on dit "salle comble". Il faut dire que "l'animal" à l'affiche ce soir n'a rien d'un fauve dompté par le Show Biz. Son fidèle public le sait. Comme tous ses fans, je suis arrivé bien avant l'heure pour vivre ces petits bonheurs d'avant spectacle: mesurer la température ambiante, observer les équipements scéniques, connaître mes voisins, en l'occurence deux charmantes voisines ce soir là. Est-ce le porte plume de si beaux textes évoquant Guillaume Apollinaire, Louis Aragon, Léo Ferré, Blaise Cendrars, Rudyard Kipling, Jacques Prévert ou encore Charles Baudelaire, le poète que nous voulons entendre? A moins que ce ne soit le guitariste aux influences brésiliennes, jamaïcaines, africaines, rock progressif que nous venons tous écouter? Les fidèles de la première heure, y compris ceux que l'âge a transformé en bobo (suivez mon regard) ne manqueront pas d'apprécier aussi ses inter chansons politiquement incorrectes mais si pertinentes aujourd'hui encore. Mais l'essentiel arrive dès la toute première chanson, livrée en ombres chinoises. Puis rapidement, en chair et en os, sans surprise de noir vêtu, accompagné par huit musiciens multidisciplinaires, c'est le rebelle, le baroudeur, l'aventurier, le chanteur physique, bref la bête de scène à la voix chaude qui jaillit, qui chante, qui danse et nous attrape. Sommes nous piégés? Non, car il fait la fête avec et parmi nous, allant jusqu'à traverser l'arène pour atteindre le second balcon, pour la grande satisfaction des spectateurs trop haut perchés. Loin de l'image d'un voyou forgée par celles déformées de ses passages à la télé, Bernard Lavilliers (puisque que c'est bien de lui qu'il s'agit) nous a proposé un concert de professionnel, respectueux de son public, de sa "famille", comme il dit. Percussions aux rythmes puissants qui me renvoient aux sons de mon enfance outre mer, ballades aux guitares électro-acoustiques omniprésentes et qui touchent en plein coeur, les milliers de spectateurs ne sont pas restés longtemps le cul assis sur leur place bien numérotée. La chaise A101 au 6ème rang n'a pas eu à supporter longtemps mes fesses, elles mêmes plus occuper à suivre mon corps enivré de Bossa nova, de Salsa et de Reggae. Aux applaudissements respectueux remarqués à la fin de chaque nouveaux titres du dernier album "un samedi soir à Beyrouth" ont succédés ceux nettement plus nourris à la fin de chacun de ses grands standards, inspirés par ses voyages et ses expériences personnelles. Simple et généreux, Bernard et son Band nous ont proposé un bel éventail de ses talents, avec authenticité et humanité, les qualités d'un pote avec qui j'aurais bien trinqué ce soir là, à la santé de tout les laisser pour compte, au coeur d'une ville, si belle la nuit.
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