PhilosophieRassurez-vous, il ne s'agit pas d'une lettre intime que je publierais impudiquement ici. Il s'agit en fait d'une prière d'un enfant à ses parents, écrite par le psychosociologue et écrivain Jacques Salomé. Si le beau mais bien difficile rôle d'élever des enfants s'est arrêté pour moi à la fin du siècle dernier, je reste sensible à la manière dont les parents d'aujourd'hui s'en sortent, dans un monde qui bouge et semble influencer de plus en plus le comportement de leur progéniture. Le détachement physique qu'entretient avec les siens le papy laxiste que je suis n'en oublie pas pour autant les valeurs fondamentales de la petite famille que j'ai moi même fondée. Ma plus grande fierté. En lisant l'autre soir, par un vrai hasard, cette prière tombée d'un ciel étoilé, j'ai immédiatement repensé à toutes ces années de bonheur où j'ai vu grandir puis s'envoler mes deux raisons de vivre, la tête et le corps sains. Je la publie ici pour tous les jeunes parents qui me sont chers et qui aimeraient recevoir de leur propre enfant ces quelques vers écrits à l'encre du bon sens.
Maman, Papa,
je vous en supplie, ne me laissez pas croire que mes désirs sont tout puissants. Maman, Papa, je vous en prie, prenez le risque de me frustrer et de me faire de la peine en refusant certaines de mes demandes Maman, Papa, c’est important, pour moi, que vous sachiez me dire non, que vous ne me laissiez pas croire que vous pouvez être tout pour moi, que je peux être tout pour vous. Maman, Papa, surtout entendez mes désirs mais n’y répondez pas tout de suite. En les satisfaisant trop vite... vous risquez de les assassiner Confirmez-moi que j’en ai, qu’ils sont recevables ou irrecevables mais ne les prenez pas en charge à ma place Maman, Papa, s’il vous plaît ne revenez pas trop souvent sur un refus, ne vous déjugez pas. Pour que je puisse ainsi découvrir mes limites et avoir des repères clairs. Maman, Papa, même si je réagis, si je pleure, si je te dis à toi, Maman «méchante et sans coeur...» reste ferme et stable cela me rassure et me construit. Si je t’accuse toi, Papa, «de ne rien comprendre» ne m’enferme pas dans mes réactions. Maman, Papa, par pitié même si je tente de vous séduire, résistez même si je vous inquiète, ne vous soumettez pas, même si je vous agresse parfois, ne me rejetez pas. C’est comme cela que je pourrai grandir. Maman, Papa vous dire aussi à chacun que je ne suis que votre fils, votre fille. |
|
|
|
|
