Philosophie

René MAGRITTE - Peintre Belge
René MAGRITTE - Peintre Belge
"Partir, c'est oser l'autre. Un départ est un contrat avec soi, il s'agit d'oublier le point de vue particulier qui était le nôtre, pour se glisser dans d'autres peaux, d'autres rêves et vérifier qu'ailleurs règnent des vérités différentes." J'emprunte jalousement les mots d'Yves Simon, poète chanteur de ma génération, pour marquer un anniversaire aussi personnel que ce blog. En effet, il y a tout juste un an, je ne vous quittais pas, chers proches éloignés. Je partais à la rencontre d'autres collègues, d'autres citoyens, d'autres citadins, d'autres bipèdes "dits intelligents", d'autres cons aussi. Ils ne le sont pas tous en Belgique. Il y en a même beaucoup moins qu'en France, tout simplement parce qu'il y a moins de Belges que de Français. Une question de proportion. J'en trouverais sans doute plus en Chine qu'aux USA. Une autre vérité qu'il me reste à vérifier un de ces jours. En attendant, chers compatriotes, je déguste mon plaisir d'être parti de l'autre côté du Hainaut, à la rencontre de l'autre européen, ce gentil voisin si sympathique qui nous fait tant rire au camping des flots bleus. La Belgique, ses trappistes, ses frites cuites à la graisse de boeuf. J'ai osé quitté la capitale gauloise pour celle du vieux continent. J'ai quitté, aïe aïe aïe, mon pays (à fredonner si vous êtes de Droite sur un air d'Enrico Macias et à raper sur un air de Diam's si vous êtes de Gauche). J'ai quitté mon pays pour un autre, qui n'est même pas celui du fromage. Un pays dont le vote est obligatoire et qui n'est même pas foutu de voter pour la France au dernier concours de l'Eurovision. Pfft! Je suis parti pour un pays qui a pour tour eiffel un petit pisseur de rue; un pays avec une grande place où mille colombes ne verront jamais Mireille Mathieu, grand Dieu! Un pays où règne, non pas Sarkozy, mais un Roi, rendez vous compte. Et comble du comble, un pays incapable de nommer son premier ministre, pouffe-t-on à la Bastille. Envoyez nous votre Fion désoeuvré, ai-je entendu place de Brouckère. Bon d'accord, ce n'est pas vrai mais nom d'une pipe (qui n'en est pas une), au pays du surréalisme, de la BD et de la franche rigolade, je ne suis pas obligé d'être toujours sérieux. Voici donc un an que je suis...que je suis ... non pas heureux, je ne suis quand même pas tombé si bas, dirait le philosophe dont j'ai oublié le nom, mais disons que je suis content, oui content d'être parti oublier le point de vue trop hexagonal de mon entourage. J'ai pris de la hauteur, géographiquement parlant, histoire de ne pas perdre le Nord. Ah vivre à quelques 300 kilomètres de Paris, quelle aventure! Travailler à 2 heures du French Headquarter,quel risque! Et pour qui me direz-vous? Pour la Country des Schroumpfs, grand bien lui fasse! Grand bien m'en a en pris de partir pour se glisser dans d'autres peaux en évitant celles des bananes jetées sur ma route. Avec le sang gaulois et la pompe qu'il alimente depuis plus d'un demi siècle, je vis donc depuis 12 mois comme je respire (ce n'est pas rien de le dire), dans la peau d'un autre européen et citoyen du monde, dans celle d'un fier bruxellois d'adoption, d'un salarié wallon dont la richesse n'a d'égal que ses valeurs profondes et son éducation, bref d'un belge qui trace son horizon. Y'a t-il un dessein derrière ce choix? Seul l'auteur d'une Bande dessinée belge se pose l'angoissante question avant de buller. Moi pas. Partir, c'est se glisser dans d'autres rêves, ce que je ne pouvais construire en restant immobile. Des rêves pour en poursuivre d'autres et avancer grâce au pays qui vous accueille, qui tient ses promesses, qui vous ouvre le coeur et surtout l'esprit, ce pays qui jamais ne disparaîtra. Belge or not to Belge, telle fut la question de l'été. N'en déplaisent aux facheux (il y en a partout aussi en proportion) le Royaume de Belgique surmontera la crise politique, tout simplement parce qu'il est bâti sur une autre vérité que celle maintes fois entendues dans les médias. Partir m'a permis de vérifier ces autres vérités sur la Flandre, la Walonie et Bruxelles Capitale, le pays cher à Victor Hugo rejoignant sa Juliette le 11 décembre 1851, ce pays résistant comme un beau couple aux outrages du temps, soudé par son histoire unique, dont les membres se déchirent au présent pour mieux se projeter dans l'avenir, histoire de faire encore un bon bout de chemin ensemble. Puisse celui que j'ai emprunté il y a un an me faire vivre d'aussi belles expériences humaines déjà vécues, tout simplement au nom du contrat que j'ai passé avec moi même.

Tags : humeurs pensées
Rédigé par loïc leveder le Samedi 13 Octobre 2007 à 08:40 | Commentaires (1)