Vendredi soir, dans le Thalys Paris-Bruxelles de 18h25, j'étais déjà plutôt d'humeur joyeuse après deux jours de meetings passionnants, vécus en compagnie de collègues venus d'Amérique du Nord, du Brésil, d'Angleterre, de Suisse, de Belgique et de France bien sûr. Une belle occasion une fois de plus de s'enrichir de l'Autre, dans sa diversité et sa réalité quotidienne, individuelle et collective. C'est à l'instant même où je faisais ce bilan positif de ce séjour parisien que mon regard s'est posé sur le Père du Chat en personne. Une belle rencontre, près du bar qui vous sert une collation à plus de 300 km à l'heure...


 Le Père du Chat
- Bonjour et félicitations pour tout ce que vous faîtes, lui dis-je, toujours inquiet de déranger une célébrité ( car visiblement il était en train, pardon en TGV, de travailler ).
- Merci, ça fait toujours plaisir, me rassure-t-il d'un large sourire maintes fois vu à la télé.
- Savez-vous que votre chat me réveille tous les matins.
- Ah oui, grâce à mon calendrier perpétuel ?! (l'artiste, s'est bien connu, est vif d'esprit. Imaginez qu'il n'ait pas immédiatement compris ce que je voulais dire! )
- Une blague par jour, ça encourage à se lever du bon pied,
- Oui, et vous avez remarqué, un an après on peut la relire, car on l'a oubliée, précise-t-il avec la fierté bien légitime de souligner ainsi l'éternité de son oeuvre spirituelle au profit de la condition animalière.
- C'est vrai, je m'en aperçois chaque jour depuis que nous avons changé d'année, ai-je cru devoir ajouter, comme le ferait son chat très fatigué.
- Et ce voyage vous a-t-il inspiré? lui demandais-je alors en regardant d'un air frustré ses feuilles blanches mais fraichement bullées...
- Il m'a surtout permis de faire des choses ce que je n'aurais plus à faire ce week-end, me répondit-il.
Pas bête le père du chat ! L'artiste, comme beaucoup d'usagers du Thalys, a bien compris que son pouvoir d'achat, pardon du chat, c'est de travailler plus vite (dans ce train ça aide) pour gagner plus de temps.
- Vous n'allez pas à Angoulême ? (question délibérément posée pour lui signifier que je suis l'actualité culturelle, un truc classique en programmation neuro-linguistique pour se synchroniser avec un grand nom de la bande dessinée.
- Non, c'est dommage mais je n'ai vraiment pas le temps, j'ai notamment une grosse expo à préparer ...
Décidément, les voyageurs de ce grand métro européen ne sont fréquentés que par des personnes passionnées mais un peu "bouffées" par leur métier.
Le grand serpent rouge entre doucement à la station du Midi, il va dégueuler ses milliers de voyageurs dont un que je connais bien et qui va rentrer chez lui, dans la peau d'un chat à l'humeur encore plus joyeuse qu'au départ de Paris.
- Au plaisir et bonjour à votre chat, ai-je conclu.
- Je n'y manquerais pas...
Ah ces artistes, la tête toujours en l'air, vous pensez qu'il mentait. J'ai la prétention de croire que non. Il le fera. J'espère simplement qu'il ne se sera pas aperçu qu'à mes heures j'ai la tentation pervers de me mettre dans la peau de son chat, surtout quand je fume un gros cigare et que je me dis " au bout il y a des cendres, mais à l'autre bout, il y a surtout un beau mec" :-)
En relisant cette note, je me dis qu'elle mérite vraiment d'être publié car, aprés tout, ce n'est pas tous les jours que je peux rencontrer ce talentueux Monsieur Geluck, même s'il est vrai que j'ai plus de chance de le rencontrer dans ce train que celui de Carla Bruni dans ma salle de bain :-)

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Rédigé par loïc leveder le Samedi 26 Janvier 2008 à 14:34 | Commentaires (1)