Quelle étrange coutume que de fêter le temps qui passe, chaque année à pareille époque. Il est vrai que la saint-sylvestre réchauffe les coeurs, fait naître à nouveau l'espoir de vivre quatre nouvelles saisons, la tête en l'air, les pieds sur terre, à la lumière d'un chemin parcouru, de plus en plus long.


A l'automne de ma vie
En ce mois de fêtes, au coeur de foyers ardents, les horloges illuminées, les calendriers effeuillés, les photos de portraits démodés invitent le capricorne que je suis à accepter la saison d'hiver comme un nouveau printemps. Le cinquante cinquième en ce qui me concerne. Voici, à bien y réfléchir, une bien poétique façon de compter les années, à la manière d'un jardinier qui aide la nature à accomplir le grand miracle printanier. Mais force est de reconnaître qu'elle n'est pas du tout adaptée pour compter l'âge des bipèdes réputés les plus intelligents de la planète terre. Chacun d'entre nous a beau aroser ses proches, ses amis, ses voisins d'une pluie de voeux les plus sincères, dame Nature fera le reste. Elle creuse et creuse le trou de la sécurité sociale. Passé la cinquantaine, ne soyons pas dupe. La banque du bien portant, assurée d'avoir chaque année de nouveaux clients, clôturera un jour ou l'autre définitivement notre compte. Certains d'entre nous aident la recherche médicale pour retarder le sort de tout mortel, réduisent la puissance de l'ampoule de leur salle de bain, laissent la buée sur le miroir de chaque jour plus insolent, ne changent plus les piles du pèse-personne, bref, mettent la tête dans le sable, telle une autruche ne supportant pas le temps qui passe. Rassurez-vous, je ne vous fait pas ici l'inventaire de mes attitudes aussi infantiles, laissant la nature faire son boulot. Je sais, chers amis, chers proches, à bien vous entendre, seul l'age que nous avons dans la tête reste important. Soit, mais mon médecin me parle plus volontier de l'âge de mes artères que de celui de mon cerveau. Il faut dire, sans prétention aucune, que c'est sans doute l'organe le moins fatigué jusqu'à présent. Les mauvaises langues ( autre organe multi-fonction auquel je tiens tout particulièrement ) auront l'inamabilité de rétorquer qu'au dernier étage de l'être humain, la matière ne s'use que si l'on s'en sert. A quoi que je répondrais que cette affirmation n'est scientifiquement pas prouvée, si j'en crois l'état d'esprit de certaines têtes dites bien pensantes.
Après ces mots qu'il me plait de vous livrer, admettez que la saison que j'entamme est belle et bien celle de vendanger les raisins de ma vie, de ramasser les feuilles de mon expérience, de scier puis de ranger les rondins de bois qui me seront si précieux en hiver. Autant d'activités qu'il n'est pas données à tout le monde de vivre, et qui réclament encore beaucoup de courage, d'énergie et de joies de vivre.
A l'automne de ma vie, je vous reçois cinq sur cinq et prendrais soin de moi, chers amis et proches éloignés. Une bien belle résolution que je fais chaque année, au lendemain de la Saint Sylvestre.

Tags : humeurs pensées
Rédigé par loïc leveder le Jeudi 1 Janvier 2009 à 20:58 | Commentaires (0)