X&Y de COLDPLAY
L'équation planétaire
Très attendu, il représente la priorité de l'année pour sa maison de disque.
Musicalement, il s'annonce aussi comme un sommet de 2005, intense et absolu.
C'était déjà le cas lors de la sortie de leur deuxième album, il y a trois ans: Coldplay a bien failli se perdre en route. En cause: les tournées monumentales, un succès planétaire, une pression de tous les instants sur les épaules de son leader Chris Martin. En cause aussi: une ambition qui, chez d'autres, passerait pour un monument de prétention, celle de surpasser les Beatles: «tout tourne autour de l'idée de faire mieux que le "Sergent Pepper's Lonely Heart Club" Band », confiait récemment Martin.
Musiciens besogneux
« Faire mieux », le paysage dans lequel se dessine l'horizon du groupe n'a pas changé d'un iota depuis sa création à l'University de Londres, en 1996, et son premier album «Parachutes», quatre ans plus tard. Dans ce premier recueil de mélodies à dominante acoustique, la voix brûlante de Martin scellait le destin du groupe dans l'or massif: «Don't Panic» et «Yellow» auraient pu suffire à faire de l'album un succès public (3 millions d'exemplaires vendus), si l'ensemble des titres ne se consumait pas au même feu pop-rock bouillonnant.« Faire mieux », le mot d'ordre présida encore à la destinée de «A Rush Of Blood To The Head», paru en 2003, et depuis devenu un monument du rock contemporain. Le genre d'album à propos duquel on se dit qu'un groupe ne retrouvera jamais le même niveau d'excellence - mélodique et vocal - et la même inspiration céleste, ce dont témoignaient les performances live intenses et généreuses du groupe. Où Martin, interprète d'exception, se révélait showman extraverti et captivant. Mais encore star mondiale, époux d'une vedette du cinéma hollywoodien (Gwyneth Paltrow) et à l'occasion porte-parole de la cause du commerce équitable à travers le monde. Musicalement dans les pas de U 2, moins aventureux que Radiohead, le groupe écoulera 14 millions de copies de son disque, pour se voir propulsé prétendant au titre de plus grand groupe du monde.
Avec «X&Y», qui paraît cette semaine, les Anglais viennent de signer le hat-trick parfait, prouvant ainsi que la montagne de leur second album n'avait rien d'insurmontable. Retardé parce que le groupe estimait certains titres perfectibles, il s'annonce comme un sommet de l'année. Un sommet d'intensité, où l'organe vocal de Martin se révèle plus habité que jamais.
Influences avouées
Puisant à la moelle de son inspiration, et de ses influences multiples et revendiquées (U 2, Brian Eno, Echo and The Bunnymen, Kraftwerk), Coldplay se transcende pour tenter d'embrasser l'univers d'un seul tenant. Dans la brèche ouverte par le single «Speed Of Sound», premier titre britannique à entrer dans le top 10 américain depuis «Hey Jude» des Beatles en 68, «Square One», le premier morceau du disque, déboule comme une synthèse de ce dont le groupe est capable: se répandre dans des mélodies geignardes (qui lui valent d'être étiqueté «glum-rock» - rock pleurnichard - à l'instar de Keane ou Athlete), mais surtout, davantage que dans son second opus, de triturer sa matière et complexifier la donne. Johnny Buckland fait sonner ses guitares dans le vif, comme The Edge il y a dix ans. Et même quand il s'aventure dans le terrain de la ballade («What if», «A Message»), Coldplay n'oublie jamais de jouer du rock, prouvant qu'il a gagné de l'épaisseur et de l'intensité à se frotter aux plus grandes scènes du monde.
On imagine le noeud gordien dans lequel se trouvait le directeur marketing qui a dû choisir le meilleur single pour le lancement du disque: chacun des morceaux se révèle une bombe en puissance (le très T-Rex «White Shadows», le fiévreux «X&Y», le radioheadesque «Twisted Logic»). «X&Y», pour la dualité homme-femme, l'ombre et la lumière, le noir et le blanc: Coldplay balaye tout le spectre. Et s'apprête à mettre le monde à ses pieds.
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Samedi 1 Janvier 2000 - 00:44 Play List de Loïc |
Mercredi 8 Février 2012 - 18:17 Chimes Of Freedom / 50 years Amnesty International |
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