'TERRE PROMISE' de Amos Gitai

C'est le 2 février 2005 à 21 heures que j'ai vu dans une salle confidentielle de la butte Montmartre (Le studio 28) ce film Israélien de Amos Gitaï avec Anne Parillaud, Hanna Schygulla, Diana Bespechni... Une descente aux enfers que je ne conseille à personne d'aller voir, même si personnellement je ne regrette pas d'en avoir trop ou pas assez vu.



Terre Promise
Terre Promise
Pourquoi vous le cacher, je suis sorti mal à l'aise de cette projection, peu habitué sans doute à voir des films aussi réaliste, cru, violent, sans complaisance, pire, sans histoire si ce n'est le choix de nous plonger durant 1 heure 30 au coeur d'un trafic (in)humain, au rythme d'une mise en scène hachée menu d'un cinéaste qui nous transmet sa colère et sa révolte. "Terre promise" parle du trafic israélien des filles de l'Est à qui l'on promet le bonheur et l'opulence de cette nouvelle terre mais que l'on voue, une fois perdues dans le désert du Sinaï, au marché du sexe le plus bestial. D'une certaine façon, et sur un autre ton, le film d'Amos GITAÏ rencontre un autre film Isrëlien à sortir prochainement ("Prendre Femme") : tous deux en disent long sur le statut, la considération de la femme dans la société israélienne. Il y a dans la première partie du film une scène longue, formidablement intense, tournée de nuit, caméra à l'épaule et éclairée à la lampe-torche, à la limite du soutenable : la vente aux enchères d'un groupe de jeunes femmes venues de l'ex-Union Soviétique. Cette scène, qui offre un beau rôle à Anne Parillaud en maquerelle odieuse, dit bien la révolte du cinéaste en même temps que sa déception du rêve israélien perdu : la Terre Promise est un titre à l'ironie acide qui s'entend en bien des sens.
Comment vous conseiller d'aller voir ce film sans que vous soyez ous même en colère aprés moi le lendemain. Car Amos Gitaï montre dans ce film qui deviendra culte l'insoutenable. Une réalité pourtant quotidienne que l'on ne sait pas voir à Lyon, à Naples ou à Jerusalem, au nom du plaisir bestial que certains hommes éprouvent à consommer du sexe comme une marchandise ordinaire. Et la Terre Promise ? Et l'Amour dans tout ça ?

Jeudi 3 Février 2005
loïc leveder
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