New Blood Tour - Peter Gabriel à MontréalLe légendaire musicien, ex Genesis, a offert à ses fans de Montréal un double spectacle, de près de 2 heures 30 au centre Bell de Montréal. Après Paris, Berlin et Londres, Peter Gabriel a choisi la métropole québécoise pour sa première représentation de son tour New Blood en Amérique. Il vous reste New York ou Los Angeles en mai pour l'apprécier, accompagné de ses 52 musiciens. Magistral.Articles parus dans le journal Metro / Jessica Emont-Ferrat
Depuis ses années Genesis, Peter Gabriel a toujours affiché un grand amour pour la ville de Montréal. Encore une fois, c’est ici que le musicien britannique débute sa tournée nord-américaine New Blood Tour, laquelle ne se rendra que dans trois villes du continent: Montréal, New York et Los Angeles. Le chanteur étant père de jeunes enfants, il ne souhaitait pas quitter la maison trop longtemps, mais tenait à faire un arrêt dans la métropole.
«Le Canada, et Montréal en particulier, a toujours été extrêmement accueillant avec moi, a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse tenue hier. C’est donc une façon de montrer ma reconnaissance. Et puis, j’adore le public montréalais!» Le chanteur, qui a prononcé quelques paroles en français au cours de la conférence, a d’ailleurs mentionné qu’il espérait avoir l’occasion de voir son ami Robert Lepage, qui a été l’homme derrière la réalisation de deux tournées de Peter Gabriel. «Robert est occupé lui aussi avec son spectacle pour le Cirque du Soleil, mais nous irons peut-être déjeuner», a dit le musicien en souriant, ajoutant qu’il espérait travailler avec lui à nouveau. «Ça a été une de mes meilleures expériences de scène», affirme-t-il. Dans son spectacle, Peter Gabriel reprend d’ailleurs la chanson My Body is a Cage, du groupe montréalais Arcade Fire. «C’est une chanson très émotive, et les paroles sont tellement fortes, a-t-il dit pour expliquer ce choix. J’ai choisi des pièces que j’aimais, qui me parlaient. Je ne voulais pas seulement choisir des pièces de vieux routiers comme moi, mais aussi de jeunes artistes. Mes deux filles me font découvrir bien des choses!» L’album Scratch My Back représentait une innovation à plus d’un titre pour Peter Gabriel. Non seulement reprend-il les œuvres d’autres artistes pour les faire siennes, mais il le fait sans utiliser ni percussions, ni guitare. Un orchestre de 54 musiciens l’accompagne plutôt sur scène. «Disons que le fait de chanter sans être accompagné par une guitare ou une batterie, c’est un peu comme si je me présentais sur scène sans vêtements!» a-t-il lancé. En plus de ses reprises, le musicien reprendra certaines de ses propres pièces, adaptées pour être jouées par l’orchestre. «Ça donne une direction nouvelle à plusieurs de mes chansons. Je voulais vraiment essayer quelque chose de différent», explique-t-il. Il concède cependant qu’il lui a fallu du temps avant d’être à l’aise sur scène avec un orchestre de 54 personnes. «On ne connecte pas de la même façon physiquement avec un orchestre derrière soi qu’avec des musiciens qui sont autour! dit-il. Il s’agit d’apprendre à connaître les gens avec qui on travaille… Tout va bien ensuite.» Reprises personnelles Faire un album de reprises est quelque chose à quoi le chanteur pensait depuis un certain temps, mais cela ne signifie pas pour autant qu’il ait renoncé à sa carrière de compositeur. «J’ai d’autres idées, mais elles sont encore en développement, assure-t-il. Ce projet est tout de même très personnel, puisque j’ai choisi des pièces que je me suis appropriées. Tant qu’à reprendre une chanson, autant lui donner une nouvelle personnalité plutôt que de simplement refaire ce qui a déjà été fait…» Avec le recul, le chanteur réalise que les pièces qu’il a choisies traitent des thèmes de l’amour, de la mort et du terrorisme. «Je ne suis pas obsédé par la mort, je crois qu’elle fait partie de la vie, précise-t-il. J’ai 60 ans et j’ai la chance d’avoir encore mes pa rents. Je crois que c’est à partir du moment où on perd ses parents que l’on commence à être particulièrement conscient de sa propre mortalité.» Peter Gabriel a tellement apprécié l’expérience qu’il songe à la répéter, et même à en faire une série d’albums. «Ce n’est pas facile, ce ne sont pas des chansons pop, mais j’ai beaucoup aimé l’expérience, raconte-t-il. Les personnes qui sont prêtes à faire ce voyage avec moi semblent apprécier, malgré le fait que ça ne soit pas nécessairement une expérience évidente pour le public.» Retour de faveur Le titre de l’album Scratch my Back («Gratte mon dos») suggère une réciprocité. La suite logique du premier volume, I’ll Scratch Yours («Je gratterai le tien») réunira les artistes dont Peter Gabriel a repris les chansons. Cette fois, l’inverse se produira et ceux-ci reprendront les succès du légendaire musicien. «J’ai déjà commencé à recevoir des reprises, a affirmé Gabriel. Par exemple, Lou Reed chantera Solsbury Hills, et Stephin Merritt, du groupe Magnetic Field, une très étonnante reprise de Not One Of Us.» Gabriel n’est pas encore certain que tous participeront. «Arcade Fire avait exprimé un intérêt pour une reprise Games Without Frontiers, mais ils sont très occupés actuellement avec leur propre disque.» Radiohead devrait aussi participer, bien que Peter Gabriel croit que le groupe n’a pas apprécié sa reprise de Street Spirit. «Thom Yorke ne m’a pas donné de nouvelles depuis! lance le chanteur. Je crois que j’ai dépassé les bornes!» POUR ACCEDER AU SITE OFFICIEL DE PETER GABRIEL, CLIQUEZ ICI
Soirée intime au Centre Bell avec Peter Gabriel
Après s’être arrêté à Paris, à Berlin et à Londres, c’est à Montréal que Peter Gabriel a présenté hier la première représentation de son New Blood Tour en terre américaine. Dès les premières notes entonnées par le légendaire musicien, force est d’admettre que malgré son récent passage à la soixantaine, l’homme n’a rien perdu de son charisme sur scène, ni de sa voix puissante et modulée. Peter Gabriel a ainsi poussé la note avec justesse, pratiquement sans aucun raté, pendant les deux heures et demie qu’a duré le spectacle. La première partie de la soirée a été consacrée exclusivement au récent album de reprises Scratch my Back. Peter Gabriel, son New Blood Orchestra et ses deux excellentes choristes (dont sa fille Melanie) ont interprété, dans l’ordre et du début à la fin, toutes les pièces composant le disque. Le caractère très personnel des arrangements de ces chansons a créé au Centre Bell une atmosphère de salle intimiste. Sans batterie ni guitare, mais avec tout un orchestre de 54 musiciens derrière lui, le chanteur a repris sans aucune pause l’intégralité de Scratch my Back, enveloppant la salle dans une ambiance feutrée et paisible. Chanter avec un orchestre ne permet pas le même genre de mise en scène que d’être sur scène avec trois ou quatre musiciens. Ainsi, la mise en scène de ce New Blood Tour avait nettement moins de relief que ce à quoi Gabriel nous avait habitués, notamment dans ses derniers spectacles signés Robert Lepage. Néanmoins, l’artiste a réussi à tirer partie de cette contrainte et a misé sur la musique, simplement accompagnée visuellement de projections plutôt esthétiques. Ainsi, pendant sa splendide version de My Body is a Cage, on avait par moment envie de fermer les yeux simplement pour savourer la pièce à son plein potentiel. Deux spectacles en un Était-ce parce que la victoire du Canadien venait d’être annoncée? Parce que les fans de la première heure se retrouvaient en terrain connu? Parce que Peter Gabriel s’est permis des arrangements plus rythmés pour ses propres chansons? Toujours est-il que l’ambiance s’est métamorphosée durant la seconde partie du spectacle, où le chanteur a revisité, toujours avec son orchestre, des pièces classiques de son répertoire. Le public n’étant désormais plus distrait par le pointage de la partie de hockey, il lui a consacré toute son attention et des «We love you, Peter!» fusaient de toute part. L’orchestre donnait un nouveau souffle aux pièces bien connues du musicien, comme Digging in the Dirt ou Solsbury Hill, cette dernière ayant valu une véritable ovation à Gabriel. En somme, celui-ci a une fois de plus su montrer qu’il est toujours au sommet de son art, en plus d’exprimer à nouveau son amour pour Montréal. «C’est toujours incroyable ici. Merci!» a-t-il lancé, ému, à la fin de son spectacle. En français, comme toutes les fois qu’il s’est adressé au public durant la soirée. Merci à vous, M. Gabriel. Vendredi 30 Avril 2010
loïc leveder/Jessica Emont-Ferrat
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