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Un album de pop sophistiquée dans lequel on peut débusquer çà et là les traces de Serge Gainsbourg, certes père de la chanteuse mais aussi maître de musique de toute la génération d'Air. Force est de constater que la voix de Charlotte Gainsbourg, descendue loin sous les aigus exagérément virginaux de ses premières oeuvres, a le charme un peu distant d'une Cat Power, tout en rappelant la part mate du timbre de sa mère. Belle voix, donc, qui porte pour l'essentiel les mots de Jarvis Cocker (ex-Pulp), grand connaisseur des âmes contemporaines, de leurs errances et de leurs mystères, des instants d'entre deux, des transits dans des aéroports ou entre rêve et veille, des déclarations d'amour sur le fil de la distance...
Ce n'est pas dans le paysage de la chanson française qu'on la classerait immédiatement, mais plutôt dans la pop internationale d'inspiration anglaise. Le français ? Déjà, elle n'en écoute guère. «C'est plus facile pour moi d'écouter des Anglo-Saxons. Je vais plus facilement vers eux que vers la variété française, je ne sais pas pourquoi.» L'ombre portée de son père sur la musique populaire en France, peut-être ? «J'adore quand, musicalement, il y a des références à lui. C'est ça qui le rend si vivant aujourd'hui. Parfois j'ai l'impression qu'on l'imite dans la manière de chanter et je trouve ça dommage parce que c'est une manière de chanter qui n'a de valeur qu'avec lui. Mais peut-être ai-je l'impression qu'on l'imite alors que la personne est très sincère et fait une chanson complètement à sa sauce...»
Son éducation de musique ? Elvis et les Beatles, le 33-tours de Ian Dury, Sex, Drugs and Rock'n'roll, Brassens dans la maison de campagne de sa mère. Ce passage de la musique entre générations, elle le poursuit aujourd'hui en partageant avec ses enfants Nino Ferrer ou Katerine. Sur son Ipod, elle écoute Radiohead, Elvis Presley, Syd Barrett, l'album Transformer de Lou Reed, les Variations de Bach par Glenn Gould, sa découverte récente de Devendra Banhart, des musiques de film, «des trucs nostalgiques qui ont toujours figuré dans ma discothèque, Midnight Cowboy, des souvenirs de fille, des comédies musicales, West Side Story, My Fair Lady, Bugsy Malone...»
Un bagage qui l'a accompagnée dans la conception et la réalisation de ce disque, tout comme Somewhere over the Rainbow dans Le Magicien d'Oz «et de là je passe à d'autres films qui parlent de rêve et nuit comme La Nuit du chasseur. J'avais besoin de trouver, pas forcément un synopsis ou une histoire, mais des thèmes qui reviendraient».
S'affranchir de ses habitudes
Actrice, elle a dû s'affranchir de beaucoup de ses habitudes pour aborder l'art de la chanteuse. «La vraie difficulté est que, toute ma vie j'ai été habituée à être dirigée. Dans l'expérience que j'ai eue avec mon père en faisant mon premier album, j'étais dirigée comme au cinéma. Il était derrière moi, me dirigeait à la virgule près, pas forcément pour me donner des intentions de jeu, mais pour des directions de rythme, d'articulation. Avec cet album, j'étais dans un flou total et je suis très reconnaissante à Nigel. Au départ, j'essayais d'être guidée et il m'a très vite dit que ce n'était pas son boulot, que c'était mon album et que c'était à moi de savoir ce que je voulais y mettre.»
Elle ne signe pas les textes, sauf parfois en coauteur. Mais elle a écrit tout du long de la conception de cet album, ce qui a guidé Neil Hannon (de Divine Comedy) puis Jarvis Cocker dans l'écriture des textes. «Cela m'a permis d'orienter le disque vers les sujets qui me tenaient à coeur. Il est devenu plus personnel. C'est drôle, d'ailleurs, que des musiques et des textes qui ne sont pas de moi me ressemblent autant.»
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Un album de pop sophistiquée dans lequel on peut débusquer çà et là les traces de Serge Gainsbourg, certes père de la chanteuse mais aussi maître de musique de toute la génération d'Air. Force est de constater que la voix de Charlotte Gainsbourg, descendue loin sous les aigus exagérément virginaux de ses premières oeuvres, a le charme un peu distant d'une Cat Power, tout en rappelant la part mate du timbre de sa mère. Belle voix, donc, qui porte pour l'essentiel les mots de Jarvis Cocker (ex-Pulp), grand connaisseur des âmes contemporaines, de leurs errances et de leurs mystères, des instants d'entre deux, des transits dans des aéroports ou entre rêve et veille, des déclarations d'amour sur le fil de la distance...
Ce n'est pas dans le paysage de la chanson française qu'on la classerait immédiatement, mais plutôt dans la pop internationale d'inspiration anglaise. Le français ? Déjà, elle n'en écoute guère. «C'est plus facile pour moi d'écouter des Anglo-Saxons. Je vais plus facilement vers eux que vers la variété française, je ne sais pas pourquoi.» L'ombre portée de son père sur la musique populaire en France, peut-être ? «J'adore quand, musicalement, il y a des références à lui. C'est ça qui le rend si vivant aujourd'hui. Parfois j'ai l'impression qu'on l'imite dans la manière de chanter et je trouve ça dommage parce que c'est une manière de chanter qui n'a de valeur qu'avec lui. Mais peut-être ai-je l'impression qu'on l'imite alors que la personne est très sincère et fait une chanson complètement à sa sauce...»
Son éducation de musique ? Elvis et les Beatles, le 33-tours de Ian Dury, Sex, Drugs and Rock'n'roll, Brassens dans la maison de campagne de sa mère. Ce passage de la musique entre générations, elle le poursuit aujourd'hui en partageant avec ses enfants Nino Ferrer ou Katerine. Sur son Ipod, elle écoute Radiohead, Elvis Presley, Syd Barrett, l'album Transformer de Lou Reed, les Variations de Bach par Glenn Gould, sa découverte récente de Devendra Banhart, des musiques de film, «des trucs nostalgiques qui ont toujours figuré dans ma discothèque, Midnight Cowboy, des souvenirs de fille, des comédies musicales, West Side Story, My Fair Lady, Bugsy Malone...»
Un bagage qui l'a accompagnée dans la conception et la réalisation de ce disque, tout comme Somewhere over the Rainbow dans Le Magicien d'Oz «et de là je passe à d'autres films qui parlent de rêve et nuit comme La Nuit du chasseur. J'avais besoin de trouver, pas forcément un synopsis ou une histoire, mais des thèmes qui reviendraient».
S'affranchir de ses habitudes
Actrice, elle a dû s'affranchir de beaucoup de ses habitudes pour aborder l'art de la chanteuse. «La vraie difficulté est que, toute ma vie j'ai été habituée à être dirigée. Dans l'expérience que j'ai eue avec mon père en faisant mon premier album, j'étais dirigée comme au cinéma. Il était derrière moi, me dirigeait à la virgule près, pas forcément pour me donner des intentions de jeu, mais pour des directions de rythme, d'articulation. Avec cet album, j'étais dans un flou total et je suis très reconnaissante à Nigel. Au départ, j'essayais d'être guidée et il m'a très vite dit que ce n'était pas son boulot, que c'était mon album et que c'était à moi de savoir ce que je voulais y mettre.»
Elle ne signe pas les textes, sauf parfois en coauteur. Mais elle a écrit tout du long de la conception de cet album, ce qui a guidé Neil Hannon (de Divine Comedy) puis Jarvis Cocker dans l'écriture des textes. «Cela m'a permis d'orienter le disque vers les sujets qui me tenaient à coeur. Il est devenu plus personnel. C'est drôle, d'ailleurs, que des musiques et des textes qui ne sont pas de moi me ressemblent autant.»













