Adieu Monsieur Jacques VILLERET

Il est des rencontres magiques dans la vie. Celle que j'ai vécue avec Jacques Villeret, en 1998, dans la région lyonnaise, sur le tournage du film de Jean Becker "Les enfants du marais", est l'une des plus touchantes et sans doute la plus inoubliable.



Jacques Villeret
Jacques Villeret
Je l'ai brutalement appris au bureau le vendredi 28 janvier 2005: Le comédien Jacques Villeret est mort, à l'âge de 53 ans, des suites d'une hémorrragie interne. Il reste l'inoubliable interprête du «Diner de cons» (1997), de «Papy fait de la résistance» (1983), des «Enfants du marais» (1998) ou de «La Soupe aux choux» (1981). Il sera à l'affiche le 09 février 2005 dans l'adaptation de la bande dessinée «Iznogoud», dans lequel il joue le rôle du calife Haroun el Poussah.

Cette nouvelle m'attriste, comme la perte d'un ami qu'on ne voyait plus mais qui appartient à une période de votre vie lyonnaise, que j'ai tant aimée. C'était sur le tournage des "enfants du marais", superbe film de Jean Becker, tourné dans les environs de Lyon et de Villefranche-sur-Saône, où j'habitais alors. J'avais été retenu par la responsable de Casting pour figurer dans une scène nocturne, dans les rues d'un petit village caladois.

Le meilleur souvenir reste d'avoir partager le vestiaire où nous avions échangé quelques vêtements et autres chapeaux d'époque. Je le voyais ensuite se concentrer, répéter, puis donner la réplique à Jacques Gamblin dans le jardin de la propriété qui servait alors de plateau de tournage. Je découvrais alors la dimension du comédien qui entrait alors dans la peau de son personnage. Là, sous mes yeux, le simple et très timide Jacques dans la vie normal devenait en un quart de seconde Henri Pignol, dit Riton, le compagnon de route de Garris. Nul doute que cet immense acteur me donna l'envie de cotoyer le plus souvent possible les plateaux de tournage. J'ai souvent pensé à lui sous les feux de la rampe du théâtre d'Anzin, car je mesurais alors, plus que jamais, son travail et son immense talent.

Merci Monsieur Villeret pour la Vie que vous avez si généreusement offert à tous vos personnages et pour le bonheur donné aux spectateurs de théatre et de bon Cinéma. Votre talent restera visible sur nos écrans et présent dans nos coeurs.

Biographie (1951 - 2005)

Jacques Villeret
Jacques Villeret
Formé au Conservatoire de Tours, puis de Paris, où il a comme professeur Louis Seigner, Jacques Villeret fait ses premières armes au théâtre (Occupe-toi d'Amélie, Les Fourberies de Scapin). C'est Yves Boisset qui le premier lui donne sa chance au cinéma, dans R.A.S. (1972).

Acteur de composition, Jacques Villeret incarnera très souvent le Français moyen, gentil personnage rondouillard assez naïf, souvent souffre-douleur. Acteur fétiche de Claude Lelouch, avec qui il tournera à huit reprises et qui lui offre ses premiers rôles importants dans Le Bon et les méchants(1976) et surtout Robert et Robert (1978), qui lui vaut un César du meilleur second rôle.

Jacques Villeret est pour la première fois en tête d'affiche dans Bête mais discipliné (1979) de Claude Zidi, mais c'est La Soupe aux choux (1981), où il incarne un drôle d'extra-terrestre face à Louis De Funès, qui l'impose définitivement aux yeux du grand public. S'il interprète ensuite de nombreux rôles comiques (Papy fait de la résistance, Les Frères Pétard), il est à l'aise dans tous les genres, que ce soit les films intimistes (Le Passe-montagne), historiques (Danton) ou plus dramatiques (Trois années). On peut également citer Garçon ! (1983) de Claude Sautet, Prénom Carmen (1984) de Jean-Luc Godard ou L' Eté en pente douce (1987) de Gérard Krawczyk.


Adieu Monsieur Jacques VILLERET
Au début des années 90, il prend un certain recul par rapport au cinéma, ne tournant aucun film pendant quatre ans. Il revient en 1996 avec Golden boy de Jean-Pierre Vergne, mais c'est avec le rôle de François Pignon, qu'il avait créé au théâtre, qu'il revient sur le devant de la scène dans Le Diner de cons (1998) de Francis Veber. Ce sera un succès phénoménal (plus de 9 millions de spectateurs et un deuxième César pour Villeret), qu'il enchaîne avec trois films de Jean Becker, Les Enfants du marais(1999) et Un crime au paradis (2000), et Effroyables jardins (2002). Fidèle à son image de français moyen, il est un grand-père chargé de garder son petit fils perturbé par la disparition de sa mère dans le drame Malabar Princess, ou encore un père compréhensif mais lâche face dans Vipère au poing de Philippe de Broca. En 2004, il renoue avec la comédie avec L' Antidote et l'Iznogoud de Patrick Braoudé, où il incarne, face à Michaël Youn, le calife Haroun El Poussah.

Samedi 29 Janvier 2005
LL/Allo Ciné
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