Un rôle à la hauteur du talent de Jamel Debousse ...
Après une parenthèse consacrée à la production, Luc Besson revient à la réalisation six ans après sa Jeanne d'Arc. Tourné dans le plus grand secret, son dixième film est un conte de fées pour adultes filmé en noir et blanc dont le postulat narratif s'apparente au film de Wim Wenders, Les Ailes du désir (1991). Soit la love story entre un homme venu de nulle part et un ange tombé du ciel qui s'achèvera en happy end sur terre.
Si les théologiens débattaient naguère sur le sexe des anges, Luc Besson ne s'embarrasse guère de fioritures : Angela est une blonde sublime et court vêtue, déguisée en "pétasse", surgie en plein Paris pour sauver André du suicide mais aussi de lui-même. Car ce dernier est "au bout du rouleau" : escroc mythomane criblé de dettes, menacé par ses créanciers (parfait Gilbert Melki en caïd à sang froid), il ne voit d'autre issue à sa vie de "minable" qu'un plongeon dans la Seine. Seulement, un ange passe par là et le désespéré s'improvise sauveteur pour les beaux yeux d'une belle inconnue. Commence alors une balade crépusculaire dans un Paris presque désert (sublime photographie de Thierry Arbogast) où chacun se découvrira avant de basculer dans les bras de l'autre.
Si très vite, le récit et l'épilogue du film ne font guère de doutes, le cinéaste tente de sortir des sentiers battus grâce à son couple d'amoureux : sans tabous, son ange tentateur (le top model Rie Rasmussen découverte dans Femme fatale de Brian de Palma) ne recule devant rien pour renflouer les dettes abyssales de son nouveau protégé comme, par exemple, tapiner dans une boite à 1 000 euros la passe ! Tour à tour hâbleur et déprimé, princier et pathétique, généreux et étriqué, André est un beau personnage, lointain cousin des comédies italiennes des années 1960, incarné avec une touchante authenticité par un Jamel Debbouze charismatique dont la présence et le regard aimantent la caméra, au point que le film ressemble parfois à un clip publicitaire pour l'homme de Trappes.
Voilà pour le meilleur d'un film dont le message naïf, voire simpliste, laisse perplexe ("Ce qui compte, c'est la beauté intérieure", "Il faut s'aimer pour pouvoir aimer les autres" au fil de dialogues plutôt bavards pour un Besson?) mais dont la sincérité ne fait pas de doutes tant Luc Besson semble s'être projeté dans cette histoire au point de signer son film le plus personnel. André peut ainsi se voir comme le miroir du cinéaste dont le reflet, pas forcément flatteur, esquisse un pan de sa personnalité.
Dans ce jeu de dupes oscillant entre leurres et vérités ("J'en ai marre des mensonges? pour la première fois de ma vie, j'ai envie d'être vrai", avoue André à Angela), Luc Besson semble vouloir retrouver une virginité cinématographique, refaire un premier film dans l'urgence avec peu de moyens, afin de ressentir à nouveau les vibrations et l'essence de sa vocation de cinéaste. Une ambition hautement estimable mais malheureusement inaboutie pour une oeuvre qui donne à Jamel Debbouze un magnifique rôle à la hauteur de son immense talent.
Patrick BEAUMONT
Si les théologiens débattaient naguère sur le sexe des anges, Luc Besson ne s'embarrasse guère de fioritures : Angela est une blonde sublime et court vêtue, déguisée en "pétasse", surgie en plein Paris pour sauver André du suicide mais aussi de lui-même. Car ce dernier est "au bout du rouleau" : escroc mythomane criblé de dettes, menacé par ses créanciers (parfait Gilbert Melki en caïd à sang froid), il ne voit d'autre issue à sa vie de "minable" qu'un plongeon dans la Seine. Seulement, un ange passe par là et le désespéré s'improvise sauveteur pour les beaux yeux d'une belle inconnue. Commence alors une balade crépusculaire dans un Paris presque désert (sublime photographie de Thierry Arbogast) où chacun se découvrira avant de basculer dans les bras de l'autre.
Si très vite, le récit et l'épilogue du film ne font guère de doutes, le cinéaste tente de sortir des sentiers battus grâce à son couple d'amoureux : sans tabous, son ange tentateur (le top model Rie Rasmussen découverte dans Femme fatale de Brian de Palma) ne recule devant rien pour renflouer les dettes abyssales de son nouveau protégé comme, par exemple, tapiner dans une boite à 1 000 euros la passe ! Tour à tour hâbleur et déprimé, princier et pathétique, généreux et étriqué, André est un beau personnage, lointain cousin des comédies italiennes des années 1960, incarné avec une touchante authenticité par un Jamel Debbouze charismatique dont la présence et le regard aimantent la caméra, au point que le film ressemble parfois à un clip publicitaire pour l'homme de Trappes.
Voilà pour le meilleur d'un film dont le message naïf, voire simpliste, laisse perplexe ("Ce qui compte, c'est la beauté intérieure", "Il faut s'aimer pour pouvoir aimer les autres" au fil de dialogues plutôt bavards pour un Besson?) mais dont la sincérité ne fait pas de doutes tant Luc Besson semble s'être projeté dans cette histoire au point de signer son film le plus personnel. André peut ainsi se voir comme le miroir du cinéaste dont le reflet, pas forcément flatteur, esquisse un pan de sa personnalité.
Dans ce jeu de dupes oscillant entre leurres et vérités ("J'en ai marre des mensonges? pour la première fois de ma vie, j'ai envie d'être vrai", avoue André à Angela), Luc Besson semble vouloir retrouver une virginité cinématographique, refaire un premier film dans l'urgence avec peu de moyens, afin de ressentir à nouveau les vibrations et l'essence de sa vocation de cinéaste. Une ambition hautement estimable mais malheureusement inaboutie pour une oeuvre qui donne à Jamel Debbouze un magnifique rôle à la hauteur de son immense talent.
Patrick BEAUMONT
Conte classique, en Noir et Blanc mais profond ...
Luc Besson pensait à ce conte depuis dix ans. L’histoire d’un type qui ne s’aime pas et va trouver son salut grâce à une rencontre fortuite. Résultat : ce film, en noir et blanc, classique et tout simple dans sa forme mais profond. Un superbe Paris estival sert de décor aux deux personnages que le hasard va réunir et entraîne dans une aventure féerique dont la naïveté apparente cache beaucoup d’émotion et de sincérité. Luc Besson offre un beau rôle à contre-emploi à Jamel Debbouze qui sort de son registre comique habituel pour aborder les rives de la comédie dramatique. Il le fait avec beaucoup de charme, de justesse, de naturel, imposant sa personnalité et sa petite taille à la Danoise Rie Rasmussen, une partenaire aux jambes interminables qui est mieux qu’un simple miroir
Jean-Luc WACHTHAUSEN
Jean-Luc WACHTHAUSEN













